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09/10/2015

MONTPELLIER, Rififi entre les dirigeants du Refuge et la Mairie, Midi Libre, Édition Montpellier, 9 octobre 2015

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A l’origine des tensions (qui prennent un tour politique) entre le Refuge et la mairie de Montpellier, une baisse de subvention de 300 € pour l’association.
 

 

La tension n’en finit pas de monter entre élus de la mairie et dirigeants du Refuge, la formidable association reconnue d’utilité publique qui héberge temporairement des jeunes victimes d’homophobie et de transphobie. Récemment, son président Nicolas Noguier s’est fendu d’un post sur Facebook pour relater une conversation avec le maire de Montpellier - les deux hommes habitent le même bâtiment. Conversation au cours de laquelle il demandait à nouveau des explications sur la baisse de subvention de 300 €.

"Réponse cinglante, impulsive : "Vous déconnez, Monsieur Noguier. Votre association, j’aurais pu la flinguer. Estimez-vous heureux, vous auriez pu avoir 0. Vous voulez que je diffuse l’article de Rue89 (*) ? Vous faites le jeu de Delafosse...”", écrit le président du Refuge en relatant l’échange.

 

Un lien avec l’éléction de Michèle Dray-Fitoussi ?

 

Après un "no comment" ferme, Philippe Saurel assure : "J’ai demandé à mon avocat d’intenter une plainte en diffamation contre le président du Refuge au sujet de ses propos concernant Anticor34." Puis renvoie à l’article de Rue89(*) - qui pointe du doigt des dysfonctionnements au sein de l’association - et vers son adjointe, Michèle Dray-Fitoussi, longtemps membre du Refuge et qui en aurait été écartée. Contactée, elle dit d’emblée : "C’est une belle idée, le Refuge. J’ai aimé m’y investir. Puis un jour, sans que je comprenne pourquoi, on m’a mise dehors. J’ai été blessée car on m’a interdit de revoir des jeunes et je l’ai mal supporté."

Des tensions qui prennent un tour politique

Élue adjointe municipale, la membre bienfaitrice est devenue persona non grata quand la structure a appris cette perte financière : "Je ne comprends pas, c’est une baisse minime, toutes les associations ont dû faire un effort. Et nous avions proposé une compensation en mettant à disposition des appartements." "Nous sommes dans une volonté de dialogue. Mon compte Facebook est personnel, j’y écris ce que je veux mais je note que, dès sa publication, mon rendez-vous avec monsieur Lévita (premier adjoint, NDLR) a été ajourné. Il y a donc bien des velléités politiques contre nous", estime Nicolas Noguier. Ironie de l’histoire, il lui avait été proposé une 9e place sur la liste de Philippe Saurel, lors des dernières municipales. "Preuve que je n’ai pas toujours été infréquentable", s’amuse-t-il. Proposition qu’il a déclinée pour se consacrer à son métier et à sa mission auprès de l’association. Laquelle est loin d’être menacée par cette baisse (lire ci-dessous).

Reste le conflit d’ordre plus politique que Nicolas Noguier veut clore en "invitant monsieur Saurel à venir rencontrer les équipes et les jeunes lors d’un de ses déplacements à Montpellier, Perpignan ou Toulouse, les portes sont grandes ouvertes". Une façon d’enterrer la hache de guerre...

 

Yannick Povillon

Midi Libre 

9 octobre 2015

j(*) À lire : “Les coulisses gênantes du Refuge, l’asso pour homos qui fait l’unanimité” sur Rue89.

 

Une  structure financée  à 60 % par le privé

 
 
 
Ses dirigeants l'assurent. Le Refuge n'est pas une association politique et encore moins politisée. Nous travaillons avec 80 collectivités, de toutes sensibilités et l.argent public ne représente que 34% de nos ressources " Frederic Gal, secretaire général, regrette le tour politique que prend le dossier opposant la structure à la mairie.  "On ferait le jeu de Delafosse ? Alors que j'ai des jeunes en attente d'être  logés, on s'amuserait à faire de la politique ! C'est  vraiment n'importe quoi !.

La subvention municipale qui s'élève à 4700 € (contre  5000 € l'an passé) n'est qu'une goutte d'eau dans les finances de l'association, dont les recettes pour 2014 s'élèvent à 1,4 M€, 240 000 € pour Montpellier. Le résultat de l'exercice précédent a, par ailleurs, montre un excédent de 347 047 € (+343 041 € 2013). La raison : un important financement privé (des dons essentiellement) de l'ordre de 60% du budget global.Le mécénat représente désormais 10% des recettes. L'affaire qui met le feu aux poudres est donc d'ordre symbolique car la ville est le siège du Refuge et son lieu de création historique. Certes, il n'y a pas péril en la demeure : deux visions s'affrontent sur la baisse jugée infondée d'une petite subvention locale. Mais les effets pourraient être dévastateurs si chacun reste campe sur ses positions,... 

 

 

 

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